Voyage au bout d’un étrange et terrible couloir

5 août 2009

Au delà, General

En revenant de deux jours de consultations sur Paris, hier après-midi, je me suis arrêtée dans un lieu terrible.
J’essaie d’aider les humains mais aussi les chiens et les chats, tous ces quatre pattes qui nous donnent tant d’amour et de confiance sans rien demander en retour tout le temps que nous voulons bien leur donner une caresse ou une promenade au bout d’une laisse, un morceau de coussin ou de tapis pour y dormir, un peu à manger dans un coin d’assiette.
Toute leur vie si nous savons les aimer, aussi longtemps que nous ne les jettons pas comme des mouchoirs usagés sur le bord d’une route à coté d’une poubelle ou attachés à la porte d’un refuge ou autour d’un arbre quelque part en forêt.

Hier, je me suis arrêtée dans une fourrière, pour y prendre en charge et en covoiturage deux chiens. Sans cet arrêt que j’avais choisi de faire, ils ne seraient plus de ce monde aujourd’hui pour regarder avec étonnement et tant de reconnaissance ceux qui les prenaient en charge au bout de notre voyage, afin de leur donner un foyer, aimant et protecteur, un vrai et pour longtemps, enfin.
C’est la deuxième fois que je fais ce genre de voyage. Cette fois ci, je n’ai pas pris le relais en voiture, à un point de rencontre, quelque part sur une route de France.
La première fois, j’ai ressenti la tristesse si profonde de ceux que l’on a laissé là, sans se retourner. Lorsque l’on sait percevoir l’Energie, on  ne peut que vivre la souffrance de ces être à quatre pattes et au coeur si immense que nous devrions, chaque jour, en prendre leçon.
J’ai du aller chercher mes covoiturés d’hier au delà de la grille de la fourrière, penetrer un lieu qui sentait si fort la mort et qui suait la peur, la terrible angoisse de celui qui sait, sent, qu’il va mourir alors qu’il rêve encore si fort de gambader heureux au bout d’une laisse avec un maître à l’autre bout.
Les chiens sont sortis d’un couloir d’une dizaine de boxes, avec tout au bout, une porte, la dernière porte qu’ils auraient franchis avant d’être piqués et d’attendre que la mort, si lente en pareils cas, fasse son effet.
L’un a reculé en me voyant, la peur dans les yeux, c’était celui qui pourrait à cette heure, ne plus être là. Celui qui a pu survivre au delà du délai, ce si impitoyable délai donné par les lois et le manque de place, parce que j’allais le chercher. Cette place, contingentée par des reglements émis par des hommes, qui peut etre, ont chez eux, un animal dit de compagnie pourtant!
Je les ai laissé hier soir tard entre de bonnes mains. Après leur avoir parlé, avoir tout fait pour les rassurer, leur permettre d’oser espérer un autre avenir.
Mais malgré la joie profonde d’avoir sauvé leur vies, l’un étant un petit molosse plein d’amour et de douceur, l’autre un petit chien berger plein de vie, j’ai encore à cette heure, l’immense tristesse ressentie dans ce lieu, dans ce couloir de la mort comme le nomment à juste titre ceux qui essaient de les en sortir.
Alors pour que beaucoup de voyages comme le mien se fassent, pour que l’on cesse d’abandonner, pour que l’on reflechisse avant d’aller acheter un chien, alors que tant attendent derrière des barreaux, parfois jusqu’à leur mort programmée, pour que ceux qui pensent qu’on peut gagner un peu d’argent en faisant faire une portée à sa chienne, en faisant devenir père leur chien, trop chèrement acheté parce que répondant à des standards qui ne flattent que les egos, pour que ceux là pensent que les maîtres qu’ils trouveront abandonneront trop souvent au fond d’un mouroir les anciens bébés qui leur auront permis de s’offrir des vacances, pour eux aussi prendre de bonnes vacances!, je voulais essayer de vous dire l’horreur vécus par tous ces êtres vivants, pensants, à quatre pattes.
Vous faire prendre conscience que le sort qui leur est trop souvent reservé est identiques à tous ces prisonniers humains dans les couloirs de la mort.

L’inhumanité de notre société de consommation et de plaisirs personnels va t’il nous conduire à voir un jour des gens agés, trop agés, attendre dans un autre couloir de la mort, la piqure qui nous dispensera de leur accorder amour et soin jusqu’à la fin de leur vieux jours?
Quand on voit oh combien monstrueux nous pouvons être avec les animaux que nous avons domestiqué, apprivoisé, et qui ne sont pour nous qu’Amour, on peut, terriblement, mais réellement, se poser la question, hélas.Merci de partager et si vous le souhaitez, de faire partager, cette reflexion, pour que le choses changent, pour que ce monde change, et pour que cette souffrance là, elle aussi intolérable, disparaisse.
Amitié et Lumière!
Mao

À propos de Mao

Energéticienne, passionnée par les autres et l'étude de l'Energie sous toutes ces faces.

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2 Réponses à “Voyage au bout d’un étrange et terrible couloir”

  1. Solveig Dit :

    « Nous ne vendons pas nos bébés, alors ne vendons pas les bébés de nos compagnons. »
    C’est tellement, tellement plein de sens… apprendre le respect du Vivant, c’est peut-être le premier pas, en effet.

    A propos des personnes âgées, je ne sais plus trop les détails, mais je me souviens avoir entendu parler un jour d’une sorte de coutume au Japon – après je ne sais pas à quel point elle a traversé les âges. Coutume comme quoi ces personnes, arrivées à un certain âge et devenues un poids mort pour la société, partaient s’isoler dans la montagne pour y mourir, et pour ainsi éviter de trop peser sur les épaules de leurs enfants… qu’ils y aient été poussés par la société, leur propre famille, ou leur volonté de faire le bien.

    Ça s’apparente un peu à ces couloirs de la mort non ? D’ailleurs c’est peut-être encore pire lorsque ça devient une obligation morale. En lisant ces lignes, ça m’a rappelé cette triste tradition…

  2. krn Dit :

    La solution, Mao, serait que le commerce des animaux de compagnie soit interdit.
    Nous ne vendons pas nos bébés, alors ne vendons pas les bébés de nos compagnons.
    Dépourvus de valeur marchande, quelle que soit leur race ou leur pédigree, ils n’auraient que leur propres qualités et non le plus value immorale que leur donnent les éleveurs.
    Je vais prendre rendez-vous avec mon député pour lui parler de ce projet.
    Qui ne tente rien n’obtient rien.
    Merci pour ceux que tu as sauvés.

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