Le doute, terrible, salvateur ou assassin..

20 mars 2011

General, Spiritualité

Je travaille avec l’impalpable, l’invisible, parfois, (peut Ëtre trop souvent) avec ce que l’on pense être l’invérifiable.
Le doute est ma constante, ma mesure, mon alarme, celui qui me rappelle à chaque instant que je suis faillible, et que je ne dois pas l’oublier.
Sur un texte de cours de philosophie, j’ai trouvé ceci qui résumé assez bien mon point de vue habituellement :

« Il n’y a que les fols certains et résolus », écrivait Montaigne (Essais, I, 26).
C’est qu’en effet l’absence de doute, l’absence de  questionnement reflète un mauvais usage de la raison. Ainsi, le  dogmatique s’accroche à une vérité, mais renonce du coup à chercher plus loin. Mais ce doute ne doit pas être une simple étape provisoire (Descartes). Il ne doit pas non plus coïncider avec l’idée que rien ne peut être connu, qu’il n’y a pas de vérité, et qu’il ne vaut donc pas la peine de chercher. Au contraire de cette attitude paresseuse, le doute doit être un travail permanent de l’esprit pour ne pas se reposer sur des idées tenues pour acquises une fois pour toutes. »

Mais aujourd’hui le doute, « négatif », qui ne me permet plus de croire, d’avancer, me hante.
Amené non pas par ma réflexion personnelle qui voyait ou s’imaginait le doute comme une composante du chemin de la vérité, l’absolue certitude devant être exclue, la conclusion ne pouvant se baser que sur l’analyse qui fait suite à la conscience du medium, qui lui ne se base que sur l’Energie, ne se sert que dans l’Energie pour y tirer ses informations quelqu’elles soient, prescience, perception de l’autre, dialogue avec le non incarné, …  mais amené par l’Autre, celui avec qui, humain et de chair, j’échange, celui qui me fait retour ou remarques sur ce que je perçois.
Lorsque le faisceau des informations prises dans l’Energie converge vers une conclusion, et que les lignes d’informations qui ameneraient à une autre conclusion, disparaissent dans le gouffre du néant, je dis, on peut dire j’affirme, enfin.
Mais lorsque en face, l’humain, quelqu’il soit, mais ceux qui ont dit me faire confiance, bien sur, ont valeur plus grande dans leur retour, me renvoie « que l’on peut connaitre l’autre sans se connaitre soi meme », j’entends, car l’échange est privé, que celà s’adresse à moi.

Doute de l’autre sur ma capacité à saisir, ressentir percevoir et comprendre l’autre, doute humain, oui, mais j’enseigne l’autre, j’apprends à le percevoir justement.
Alors en toute honneteté, si je ne le connais pas cet autre, comment puis je lui apprendre ?
Pourquoi ces autres, qui doutent pour certains, et l’échange privé qui en portait preuve était dans ce cas, suivent ils cet enseignement qui n’a pas de valeur réelle donc?
Lorsque le retour qui m’est fait sur une vision d’une situation, d’un ressenti est négation absolue et forte, et que l’on ajoute à cette négation qu’avoir admis un instant sa véracité n’était dû qu’à la crainte de ma violence eventuelle, qu’à la « terreur » inspirée par mon regard et/ou mon ton, je me mets en doute, et même si le lendemain, on me dit que j’ai ressenti parfaitement juste, je demeure dans le doute, est ce la peur encore qui fait revenir en arrière?
Est ce bien la vérité que j’ai ressenti?
Alors que mon travail, ma passion, ma vie, c’est aider l’autre, lorsque j’apprends que l’autre a peur de m’aborder, me parler, m’écrire, parce que mes mots font peur par leur dureté, parce que je le blesse dans mes réponses, le doute sur ce que j’apporte nait.
En quoi puis je penser aider l’autre puisque je le fais souffrir ? Puisqu’il semble que je le renvoie à une image très négative de lui même que je ne pensais vraiment pas lui avoir donné?
Terrible pouvoir que je prends là alors, je fais souffrir l’autre alors que je pense vouloir lui apporter l’aide de la délivrance.

Lorsque l’on me fait savoir, avec ou sans humour que sans doute ma médiumnité a de sérieux ratés et que je ne vois pas grand chose, moi qui devrait semble t’il alors, tout voir et percevoir autour de moi, lorsqu’on a déjà cherché, creusé, pour dénicher l’erreur du medium dans sa vision, perception, voire datation, lorsque l’on dit que « celui qui s’set trompé une fois peut le faire encore », je pense que l’on doute de moi en profondeur.
Mais alors comment puis je aider l’autre?
Je mets le doute systématiquement en route lorsque je perçois, je l’observe, le malaxe, le triture, en tire tout ce que je peux pour voir s’il s’élimine ou demeure, et je n’affirme que lorsqu’il est éliminé, mais si malgré cela le doute qui est celui de l’autre persiste, peut etre en fait suis je un ballon bourré d’orgueil qui s’imagine avoir fait un tel chemin qu’il sait tout alors qu’il ne sait rien?
Trop en peu de temps, trop sans doute sur un terreau de reproches, celui d’oublier l’autre?
De, si l’on résume au plus court, dire des perceptions qui sont n’importe quoi, être incapable d’aimer l’autre mais très capable de le faire souffrir par mon aveuglement, signe d’orgueil?
Trop pour que je ne me pose pas sérieusement la question de me retirer et de cesser tout travail à base d’Energie, au moins pour un temps, le temps de poser tout ca.
Renoncer à l’aide que peut etre je n’apporte pas vraiment, renoncer à nettoyer des lieux que peut etre je ne nettoie pas du tout, renoncer à chercher les pistes du non incarné, que ce soit dans le passé des vies ou dans l’échange avec l’autre coté, parce que peut etre c’est mon imaginaion qui déborde tout simplement, renoncer à délivrer l’autre de ces traumatismes parce que peut etre je ne connais pas assez l’autre et je ne l’aime pas assez pour le faire, bloqué par mon orgueil et mon egoisme, et mon absence de connaissance de moi même, que je croyais pourtant avoir particulièrement bien récuré sans l’avoir jamais épargné.

Ma réflexion est là et tourne en boucle, mais je ne parviens plus à croire en moi pour le moment.
Et comme j’ai toujours pensé que la Lumière et elle seule me permettait de voir et de saisir les choses, je me demande si je n’ai pas perdu sa route, si elle n’a pas cessé de m’éclairer, me guider parce que je n’étais plus digne d’elle.
Si la Lumière ne me tient plus la main, je ne peux continuer.  Sans elle, je ne suis qu’une humaine bien faible et bien faillible. C’est la Lumière qui me permet de dire, voir, aider, guérir, et elle seule.

Je suis perdue, en souffrance c’est certain, parce que l’on a beau gratter tout ce qui peut faire mal en soi, toutes les causes, tous les traumatismes pour aider l’autre en étant libre de soi meme, le coeur demeure, et l’humain est sensible, meme lisse comme la roche usée par l’eau de l’océan qui la polit depuis des millénaires, il demeure sensible. Sans sensibilité, à mes yeux, je ne serais plus humaine de toute façon.

Sans doute cela joue sur mon sentiment de ne plus savoir où aller.
Mais le doute sur mon role dans la Lumière et pour l’autre, aussi petit soit il, lui est certain.
Je vais poser du mieux possible mais sans doute devoir faire une pause sur ce qui m’anime et ce que je fais, pour et avec les autres, et puis voir, si je peux croire encore etre guidée par la Lumière qui elle ne se trompe pas, ou si je dois renoncer parce que je ne pourrai rien apporter de vrai à l’autre en quoi que ce soit.

Le doute, terrible, assassin ou salvateur, est là.

Certains qui liront, dans d’autres domaines peut etre, retrouveront des vécus, si celà peut aider que de partager, le doute et cette douleur seront utiles, au moins, par celà j’aurai continué à aider, un petit peu, quelque part, quelqu’un, merci à la Lumière de me l’avoir permis alors.

Amitié et Lumière!
Mao

À propos de Mao

Energéticienne, passionnée par les autres et l'étude de l'Energie sous toutes ces faces.

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