Entendre la souffrance de l’autre, une leçon de Vie

Il y a 20 ans un ami disparaissait. Il venait d’apprendre qu’il était atteint du sida. Il s’est suicidé, il avait 20 ans.

Son suicide  décidé de mon chemin  : savoir écouter, entendre, aider l’autre et le soulager de ses souffrances.

Il était venu me voir la veille, il avait essayé de parler mais n’y était pas parvenu. Et je ne savais pas alors décoder la détresse qui ne se dit pas, la souffrance, la « marque d’infamie » qu’était pour lui cette terrible maladie et qu’il n’osait pas dire, la peur aussi de la souffrance et de la mort au bout de la dégradation physique.

J’ai gardé en mémoire notre échange sur les taches sur ses mains, je ne savais pas, je le pensais juste « coquet » comme il l’était toujours, je lui avais même proposé de l’accompagner chez le dermatologue.

C’était un jeune homme sensible, trop sans doute, insouciant , taquin et joyeux. Il s’est donné la mort seul, un après midi  pluvieux, en se pendant.

20 ans plus tard, lorsque passe Murray Head, « Don’t say it ain’t so » passe sur la radio de la voiture, la même tristesse m’envahit. C’est, signe fort, cette chanson qui est passé elorsque assoméme par la nouvelle, j’ai repris ma voiture.
Les rares qui étaient proches de lui, si discret sur sa vie, se sentaient si coupables de n’avoir pas vu, pas su.

Travailler l’énergie m’a appris à déceler la « vibration » de la souffrance cachée. Je sais maintenant lire dans un regard ce que l’on veut y taire. Je sais poser les mots et ouvrir l’échange. C’est ce que j’ai voulu transmettre à d’autres aussi. Pour que ces morts si tristes, ces fins si prématurées ne soient pas autour d’eux.

Bien sur il y a 20 ans les traitements contre le sida étaient plus aléatoires, mais ils existaient déjà. Et David, c’était son prénom, aurait pu vivre bien des années en paix. Il était amoureux, il avait des projets, mais il vivait dans une petite ville, trop fermée sur les a priori et il y avait sa mère, ses parents à qui il avait tu sa vie.

Apprendre à entendre l’autre, apprendre à ne pas regarder que soi, à ne pas se fermer à l’autre parce que cela nous demande un effort et de nous oublier un peu, c’est un apprentissage de Vie et d’Amour.

Parce que j’ai appris beaucoup de ce drame, je sais que sa mort aussi injuste soit elle, n’a pas été inutile. Il ne le savait pas, mais sans doute aujourd’hui le sait il, et j’espère qu’il a trouvé le chemin de la paix et d’une autre vie, qui sera longue et heureuse celle là.

Plein de Lumière sur le chemin de David et de tous ceux qui souffrent!
Mao

 

À propos de Mao

Energéticienne, passionnée par les autres et l'étude de l'Energie sous toutes ces faces.

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2 Réponses à “Entendre la souffrance de l’autre, une leçon de Vie”

  1. Mao Dit :

    Ce n’est plus la souffrance qui m’habite, c’est le souvenir de celle de celui que je n’ai pu aider. Il m’en reste des moments de tristesse. Mais en ce moment, j’apprends, le positif de toute épreuve Est, et celui de celle ci aussi. Merci à lui d’être passé dans cette vie m’accorder sa confiance et ouvrir ma porte plus grande encore vers ce que je suis devenue. Il reste à ma mémoire car derrière son rire et son apparence désinvolte, il était bien plus humain que bien des hommes. Plein de Lumière! Mao

  2. sandra Dit :

    Terrible souffrance qui t’habite encore aujourd’hui, et pourtant ce dépassement , ce lacher prise, qui t’habite aussi, c’est merveilleux et douloureux à la fois de le lire. Douloureux, car cette douleur tu la portes sur toi, comme bien d’autres. Douloureux de voir par où les chemins impénétrables d’abord nous, pardon, t’ont fait passer pour que tu puisses trouver cette Energie en toi pour dépasser celle-ci.
    Mais aussi merveilleux de voir que tout cela a pu t’ouvrir le chemin, celui vers lequel nous tendons tant.
    Tu dis: » Je sais maintenant lire dans un regard ce que l’on veut y taire. Je sais poser les mots et ouvrir l’échange. C’est ce que j’ai voulu transmettre à d’autres aussi. Pour que ces morts si tristes, ces fins si prématurées ne soient pas autour d’eux. »
    Parfois, c’est ce regard inquisiteur, ce regard qui SAIT qui fait peur, ou dérange …. je parle pour moi, car je SAIS que tu sais …. certaines choses, et je ne sais aps encore mettre les mots dessus. Je sens qu’il y a « un truc » comme je dis souvent. Encore trop dans le feeling, dans la sensation, et pas encore assez dans le Verbe.
    Mais ces morts si tristes dont tu parles, il en est une qui me reste, de mon enfance, si douloureuse encore, si difficile, pourquoi? Sans doute car nous étions enfant et que je ne pouvais aps l’emmener dans ma forêt protégée où elle aurait pu continuer à vivre sans encombres. Idée qui paraît idiote aux yeux des grands, et pourtant encore maintenant je reste persuadée que quelque part elle aurait pu trouver sa place dans celle-ci. Y est elle? Je le pense, car c’est elle qui m’a ramené il y a 12 ans.
    Merci pour ces mots et si tu veux bien, je vais les laisser mûrir, pour trouver les mots justement qui m’assaillent.
    Grande gerbe de Lumière à toi qui a tant souffert pour nous aider.

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