Le bûcher aux sorciers

 

Ce n’est pas un joli conte de Noël même si je l’espère bien il va le devenir pour ceux qui étaient pris dedans. C’est une chronique de Passeur d’âmes qui finit bien, tout simplement.

 Cette triste époque pendant laquelle on dressait des bûchers pour faire brûler ceux que l’on qualifiait à tort ou à raison de sorciers ne risque pas de disparaître des mémoires. Les Passeurs d’âmes en croisent parfois et c’est ce qui m’est arrivé à nouveau cette semaine quelque part dans le Loiret.

L’histoire se répète :  une maison, des gens qui ne se sentent pas bien depuis qu’ils y habitent, des ombres qui semblent passer, l’incapacité de faire avancer les travaux, … et puis, là, un enfant qui nait, un adorable petit garçon.

Et les phénomènes s’amplifient. Parce que les parents ont, en eux, plus développée que d’autres, cette perception que l’on dit « de médium », mais qui n’est que naturelle perception de ce qui est même si on ne le voit pas.

Parce que dans la famille quelqu’un a déjà fait appel à moi, grâce à un ami qui avait fait de même, (c’est souvent comme cela que l’on me contacte), parce que tout cela, le fait que le bébé dorme mal, l’appréhension de la maman qui grandit, la sensation d’oppression qui s’amplifie aussi, je me retrouve un beau jour dans le salon de cette petite famille.

C’est la cave, à laquelle plus personne ou presque ne veut descendre, que comme à mon habitude quand je suis Passeur d’Ames, je m’assieds par terre et je laisse venir et j’écoute intérieurement ceux qui n’ont plus de voix.

La première sensation est celle d’être serrée comme si quelque chose souhaitait me rétrécir. La sensation de la douleur est là même si physiquement c’est très atténué. En rentrant j’ai senti une sorte de garrot autour du coup, rapide et violent, quelqu’un a-t-il été assassiné ? Garroté ou étranglé par surprise ? Un esprit sombre veut il me faire partir pour que je ressente cette presque douloureuse sensation de rétrécissement de mes membres ?

Non, la vérité est bien pire. Il y a eu non pas un mais des morts. J’en ai senti deux au moins. Un homme, qui a bien été garrotté promptement, et il a eu bien de la chance. Oui, parce que la femme que je sens derrière lui elle est morte brulée vive. J’ai affaire à des sorciers condamnés au bucher.

Ce que je sentais sur mes bras, ce qui semblait vouloir me rétrécir, c’était le feu sur la chair, le feu qui brule et qui se resserre sur l’être. Etre Passeur d’Ames amène à comprendre les réactions du corps dans certains circonstances, parce que l’on « vit » ce que l’autre a vécu, ce qui est gravé dans sa mémoire encore trop vivante même si son corps n’est plus.

Le pourquoi est terriblement technique, la chaleur fait s’évaporer l’eau, celle des tissus aussi, et ils se contractent, d’où la sensation que j’avais, de ma peau qui rétrécissait. Que j’avais parce que dès que j’ai compris de quoi il retournait, dès que j’ai identifié celle qui était là, elle a cessé de me faire ressentir, pour pouvoir dire.

J’aperçois l’horrible visage d’une sorcière, horrible parce qu’il est sale, le nez est cassé, les dents aussi. Les cheveux sont emmêlés. La femme parle et parle, elle dit l’injustice, elle essaie d’expliquer par images qu’elle ne fait jamais de mal, qu’être sorcier ne veut pas dire nuire. Et je comprends l’horreur, l’injustice oui, ce que nous retrouvons toujours dans notre monde dit moderne, le rejet des choix de l’autre.

Les « sorciers » dont elle faisait partie se réunissaient pour honorer, par un vieux culte « paien » les esprits de la nature, les « élémentaux » comme on les appelle aujourd’hui, un Dieu aussi, à qui il ne donnait pas le nom de Dieu bien sûr, mais qu’il voyait comme le maître d’œuvre de tout ce qui fait la nature si belle, si forte, si mystérieuse. Des croyances qui étaient Inacceptables pour l’Eglise d’alors.

« Sorciers, suppôts de Satan », … Ils ont été emprisonnés, frappés, torturés, et condamnés au bucher. Voilà son aspect épouvantable, c’est le résultat des traitements dans les mains des tortionnaires.

Elle me montre un autre visage, une femme encore assez jeune, jolie, aux cheveux longs, clairs, au visage fin. Elle ne croit pas au Dieu des chrétiens d’alors mais elle croit en une sorte de paradis et le fait qu’on l’ai maudite, condamnée à souffrir pour l’éternité dans les flammes de l’enfer, l’enfer pour elle étant ce feu qui l’a dévorée, l’a empêché de quitter son attachement terrestre.

Elle continue de souffrir depuis peut être mille ans, ne pouvant se libérer de la parole qui l’a clouée là. C’est elle qui s’intéresse à l’enfant, elle voudrait pouvoir revivre, retrouver un corps, échapper à la prison du néant épouvantable qui est le sien.

Il y a déjà une petite fille née dans la maison auparavant. Mais être fille c’est être faible pour elle, c’est ne pouvoir se défendre, alors elle voudrait prendre la vie de ce bébé garçon, pour être sûre d’être forte. Le danger était bien réel pour l’enfant. Que lui serait-il arrivé ? Possession ?pas sûr. La mort est plus probablement le résultat du choc de la tentative d’incorporation par une âme violente, et la pauvre femme était dans la violence, celle de son énergie de souffrance, de refus, d’impatience aussi.

Je voudrais les aider à partir ces deux âmes bloquées, sans doute l’homme l’attend parce qu’ils avaient un lien dans ce passé là, mais ils me montrent qu’ils ne peuvent pas. Et c’est pour un Passeur d’âmes « logique ». Il y a dans tout le quartier autour de la maison une sensation pesante, sombre, presque angoissante. Quelque chose de sombre règne là.

Replonger, se laisser aller à écouter, à percevoir. Il vient, il part, il se méfie. Etre Passeur d’âmes c’est apprendre à saisir l’instant, à « attraper par le pan de chemise » celui que l’on veut bloquer pour l’empêcher de nuire encore. C’est un sorcier, mais un « vrai » celui-là. Un sorcier qui a donné ou vendu « son âme au diable ». Un sorcier qui veut même et surtout peut-être parce qu’il est désincarné, devenir aussi puissant que le plus puissant des sombres, Satan en personne.

Il est évident que devenir aussi puissant que son maître pour lui signifie encore plus puissant. L’orgueil n’a pas de limite. Alors il se nourrit de l’énergie de souffrance, de colère, de peur qu’il maintient dans ses lieux. Il s’en nourrit et il s’en renforce. Plus il l’absorbe, plus il grandit.

Et il est malin le bougre. Il a senti que j’étais un danger pour lui. Que ce Passeur d’âmes pourrait bien mettre fin à son règne, transformant son énergie en Lumière et le faisant de ce fait disparaitre à jamais.

Etre Passeur d’Ames, c’est se servir de son ressenti mais aussi de son cerveau. C’est avoir appris à traiter les différents « cas », comprendre les mécanismes, savoir démonter et remonter, comme le démineur, face à un champ de mines, doit savoir avancer à pas mesurés, deviner parfois avant de le comprendre, le mécanisme et désamorcer avant de réduire en poussière l’arme mortelle.

Il va falloir ruser et l’attirer, réussir à saisir une parcelle de son énergie et tirer, tirer à moi jusqu’à l’absorber entièrement. Ne pensez pas cela facile, car oui, c’est dangereux, très dangereux. Parce qu’il ne faut pas qu’il prenne le dessus, je deviendrais une ex Passeur d’âmes possédée et lui une dangereuse âme damnée avec un corps pour agir. Certains fous qui tuent soudain leurs semblables sans qu’on explique leur geste font partie de ces malheureux qu’une âme maléfique est parvenue à posséder.

C’est une bataille, un étrange Jeu de go ou celui qui parviendra à cerner l’autre l’absorbera. Si je vous relate l’histoire, c’est que bien sur j’ai gagné cette vilaine bataille. Le sorcier, trop sûr de lui, a fini par perdre par orgueil. Moi, trop amoureuse de la Lumière, j’ai réussi à la garder en moi plus forte que sa noirceur.

L’âme damnée éliminée, les deux sorciers ont pu partir. J’ai pu libérer un malheureux voisin, possédé et qui devenait petit à petit, mais surement, fou. Et nous avons découvert que derrière toute cette noirceur, il y a avait une pépite magnifique.

Le lieu était au départ un lieu puissamment positif, de ces lieux renommés qui attire des pèlerinages, de ces places de culte ancien sur lesquels on a bâti des chapelles qui se révèlent miraculeuses. C’est pour cela que les « sorciers » dont faisaient partie la femme s’y réunissaient. Et c’est en créant le drame, le malheur, en posant la souffrance et l’horreur dessus que les fous de l’époque, au nom d’une religion qu’ils nommaiten bien à tort Foi, ont transformé le positif en négatif.

Quel que soit son moment d’apparition, mais plusieurs siècles après, l’âme damnée n’avait plus qu’à se servir, le négatif était là. En libérant les âmes, en éliminant ce monstre désincarné, le Passeur d’Ames a rendu au lieu sa positivité.

Cette petite famille, si gentille, si accueillante a vu passer la maison « pas de chance de l’avoir achetée là » à « vous avez eu bien de la chance de trouver cette maison » car elle est au centre du nœud positif tout simplement.

Le quartier était bien plus lumineux lorsque je suis repartie. L’air y était léger et je n’ai aucun doute sur l’avenir des lieux. Ceux qui n’ont pas par essence l’âme lumineuse partiront parce qu’ils y seront mal et ceux qui ont la bonté en leur cœur s’y sentiront de mieux en mieux.

Mission accomplie avec un long retour vers mon repaire à moi, mais léger, rempli du bonheur de l’avoir redonné.

Passeur d’âmes n’est pas un chemin facile, c’est aller à la rencontre de la tristesse, du malheur, des drames et parfois de l’horreur mais c’est aussi un chemin merveilleux car c’est rendre à ceux que l’on croise toute la Lumière qui devrait habiter tout être et tous lieux.

Plein de Lumière !

Mao

À propos de Mao

Energéticienne, passionnée par les autres et l'étude de l'Energie sous toutes ces faces.

Voir tous les articles de Mao

2 Réponses à “Le bûcher aux sorciers”

  1. Mao Dit :

    Merci a vous de votre petit mot. Heureuse de vous savoir enfin en Paix. Plein de Lumière!

  2. Jennifer Dit :

    Bonjour mao j’espère que vous allez bien. Pour commencer jai beaucoup aimé la façon dont vous avez raconté comment vous avez fait partir toutes ces âmes de chez nous. Je ne vous remercierais jamais assez pour ce que vous avez fait et je vous en suit indéfiniment reconnaissante. Depuis votre venue tout va beaucoup mieux. Nous sommes sereins, plus aucune sensation d’angoisse et de peur, nous sommes tout simplement bien. Diego dort mieux aussi et il y a quelques temps clara m’a dit que « les monstres » qu’il y avaient dans la salle à manger et dans la salle de bain étaient partis! Bonne continuation à vous et encore merci!

Laisser un commentaire

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus