Adieu Heidinuss, jolie petite boule de poils rousse

9 mars 2017

General, Spiritualité

Aujourd’hui, nous avons perdu une petite boule de poils roux. Il ne restait pas grand chose de cette petite boule de poils, un petit corps tout maigre et si fatigué même si elle l’avait bien caché, le plus longtemps possible.

Elle était encore si jeune pour s’endormir, 5 ans, pour un  chat aussi ce n’est pas bien vieux. Une petite chatte rousse jetée dans la poubelle du vétérinaire avec ses deux soeurs et qui attendait en miaulant que quelqu’un la sorte de l’immense cage dans laquelle elle avait été mise, pour susciter une vocation d’adoptant justement.

Elle avait faim mais elle ne savait pas encore manger les croquettes qui étaient là pour elle. Quel age avait elle? Trois semaines pas plus. Elle n’a jamais grandi. Une petite boule rousse qui adulte avait la taille d’un chaton de 6 mois. Elle a toujours été fragile, si fragile. Et on l’aimait, l’aimait…

Tous les autres le savent, le sentent. Il manque l’un d’entre eux ce soir. Il n’est pas rentré du cabinet vétérinaire. Les chats savent si bien, tellement mieux que les humains parfois. Il y a le vide, le terrible vide de l’absence pour eux aussi.

Et je pleure ma petite boule rousse, qui n’était même pas à moi mais à sa jeune maîtresse qui ne dira pas non plus qu’elle la pleure. Nous sommes ainsi dans la tribu, silencieux et cachés. Je connais la mort, surtout celles des félins, j’en ai tant accompagnés. Comment cela pourrait il être autrement? Quand un jour on a plongé dans le sauvetage de chats condamnés par les humains, on se rend compte un jour comme celui ci, chez le vétérinaire en disant adieu, qu’il y en a eu des départs. 

Alors pourquoi cela me fait il si mal? Quand les chats qui font encore partie de la maison, rescapés oubliés des sauvetages, s’en vont, s’ils sont anciens, je les accompagne avec tendresse mais la douleur est moindre. Lorsqu’ils n’ont pas passé la barrière de l’age vénérable qui donne à la mort une couleur plus neutre, cette douleur est là.

Et ce soir je sais pourquoi. C’est la petite fille à qui on enlevait ses chats, surtout sa chatte Minette, avec ses couleurs en taches  sur le pelage, qui a si mal. Comme si elle ne pouvait réparer ce qui a été fait à Minette, qu’elle avait vu souffrir avant de la voir disparaitre sans comprendre. Minette qu’elle a tant cherchée, appelée, avec sa peur au ventre, son angoisse de la savoir souffrir quelque part sans aide, sans ses bras de petite humaine pour l’abriter, la consoler, la protéger.

On appelle cela un traumatisme, et qu’ils sont forts les traumatismes de l’enfant. La petite fille en moi serrait ses bras contre elle, et ce sont mes mains qui agrippaient mes bras ce soir, parce que se serrer, c’est pour avoir moins mal. Sortir la douleur, parvenir à percer l’abcès que l’autiste sait si bien garder en lui.  Je suis autiste et j’aimerais hurler ou taper ma tête contre le bois du lit jusqu’à oublier la douleur intérieure. Mais « ça ne se fait pas » n’est ce pas? Ca ne se peut pas non plus, parce que c’est la nuit et que tout le monde dort. Je suis une autiste « bien socialisée ».

Alors l’autiste écrit, et ainsi la petite fille a le droit de dire. Etrange ballet entre l’adulte qui dépasse la mort et l’enfant qui ne la supporte pas. Je voudrais fondre en moi, disparaitre dans le silence, dans l’obscurité de l’intérieur.

La souffrance est un étrange parcours. Et l’enfant intérieur a longtemps des recoins sombres qui le terrorisent encore. Je ne l’avais pas vu celui là. J’espère que demain, une fois la nuit passée, il aura disparu. Et que même s’il sera toujours un peu triste de voir une boule de poils s’éteindre, cette connaissance de la mort, ma familiarité avec elle sera bien plus forte que le chagrin. Cela voudra dire que j’aurai libéré ce traumatisme d’enfance là. Et guéri encore un peu plus l’autiste que je suis de ces horribles douleurs qui ne parviennent pas à s’exprimer.

Autiste ou pas, ce billet va parler, à tous ces enfants en eux, à tous ces humains adultes qui portent si profondément ces douleurs enfouies. Alors si il peut les aider à se libérer un peu, la douleur aura eu encore un peu plus oeuvre utile ce soir.Une autre chose que tu m’auras offerte petite boule de poils rousse qui rend le vide cette nuit si immense.

Plein de Lumière!
Mao

À propos de Mao

Energéticienne, passionnée par les autres et l'étude de l'Energie sous toutes ces faces.

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